BRASSERIE HENRI

 

La Brasserie Henri est une élégante brasserie française située au cœur du centre-ville de Montréal, dans le bâtiment emblématique Birks sur la rue du Square‑Phillips, à deux pas de la rue Sainte‑Catherine. Son ambiance sophistiquée mais décontractée, avec un vaste bar-lounge et une salle à manger aux hauts plafonds, en fait un endroit parfait pour un cinq à sept entre collègues ou amis. Le menu propose une cuisine française moderne mettant en valeur des produits locaux et saisonniers, des tartares aux grillades en passant par des plats de poissons et fruits de mer, le tout accompagné d’une belle sélection de vins et cocktails. Accessible et chaleureux, Henri est idéal pour prendre un verre, discuter et prolonger agréablement le début de soirée. 

 

J’ai eu le plaisir de déguster le foie gras de canard mi-cuit, et je dois dire que c’était une vraie réussite culinaire. Le foie gras lui-même était parfaitement assaisonné, d’une texture fondante et soyeuse qui se laisse savourer avec chaque bouchée, révélant toute la richesse et la finesse du canard. La traînée de porto qui l’accompagnait était subtile mais efficace, apportant une douceur légèrement sucrée qui s’harmonisait à merveille avec les figues fraîches et compotées, les pousses tendres et les champignons délicatement sautés. L’ensemble créait un équilibre parfait entre les saveurs sucrées, salées et umami, chaque élément mettant en valeur l’autre sans jamais dominer le plat. La présentation était également soignée, avec un jeu de textures et de couleurs très élégant, qui donnait envie de plonger la fourchette immédiatement. Seul petit bémol, le pain servi en accompagnement manquait un peu de caractère ; un pain plus rustique ou aromatique aurait vraiment renforcé l’expérience et apporté une dimension supplémentaire à ce plat déjà très réussi. Cependant, je crois que le manque de goût du pain a été choisi afin d’accentuer le goût du foie gras. Dans l’ensemble, c’est un foie gras qui reste en mémoire.



Lors de ce repas, j’ai eu l’occasion de goûter plusieurs plats typiques d’un bistro, et l’expérience a été assez contrastée selon les préparations. Commençons par le cheeseburger de bœuf, qui se révèle très réussi dans l’ensemble. La viande de bœuf Angus hachée est juteuse, goûteuse et cuite à point, offrant une belle texture fondante en bouche. Le fromage emmental, généreusement fondu, enveloppe la viande avec douceur, tandis que le pain brioché poêlé dans le beurre apporte une légère caramélisation et un goût beurré qui rehausse le tout sans être trop lourd. Les frites, comme on peut s’y attendre dans un bistro, sont vraiment excellentes, croustillantes à l’extérieur et moelleuses à l’intérieur, et représentent sans doute le point fort de ce plat. Ayant commandé un à-côté de salade verte, celle-ci est simple, mais fraîche et bien assaisonnée, apportant une touche de légèreté qui équilibre la richesse du burger. Dans l’ensemble, ce plat fonctionne très bien, tant par l’association des saveurs que par la qualité des ingrédients.

La bavette grillée avec frites confirme cette impression de bistrot classique mais efficace. La viande est cuite parfaitement, saignante à bleue, ce qui la rend extrêmement tendre et savoureuse. La sauce bourguignonne qui l’accompagne est plaisante, mais manque légèrement d’épaisseur : elle ne s’accroche pas suffisamment à la viande et aurait pu être plus intense pour apporter une profondeur de goût supplémentaire. Malgré ce petit manque, la combinaison viande-sauce reste agréable, et les frites, toujours les mêmes, délicieuses, complètent le plat avec constance. C’est un exemple de plat solide où la cuisson de la viande et la qualité des ingrédients sauvent l’ensemble.

En revanche, les tagliatelle au saumon fumé sont beaucoup moins convaincantes. Le goût du saumon fumé, pourtant l’ingrédient central, est très discret, et la sauce à base de vin blanc et crème manque de caractère et d’équilibre. Il a fallu ajouter du poivre pour tenter de relever un peu le plat, ce qui montre que l’assaisonnement initial était insuffisant. Cependant, certains éléments sont réussis : les carrés de saumon sont de bonne qualité, tendres et savoureux, tandis que la fenouil préparée dans une huile à l’aneth apporte une note fine, légèrement acidulée et très agréable. Les tomates cerises poêlées ajoutent une touche de douceur et de fraîcheur, et les pâtes sont cuites correctement. Malgré ces points positifs, l’ensemble reste assez fade, et après le repas, la sensation désagréable laissée en bouche perdure, ce qui impacte l’expérience globale.

En résumé, ce repas met en lumière le contraste entre plats classiques de bistro parfaitement maîtrisés, comme le cheeseburger et la bavette, et des plats plus délicats, comme les pâtes au saumon fumé, qui auraient besoin d’un assaisonnement plus affirmé et d’un meilleur équilibre des saveurs. Les frites sont une constante remarquable, et certains accompagnements comme le fenouil et les tomates poêlées montrent une attention aux détails. Cependant, quelques ajustements sur la sauce de la bavette et sur le goût et l’assaisonnement des pâtes permettraient de transformer une expérience correcte en une expérience vraiment mémorable.

 

Pour le dessert, j’ai choisi un mi-cuit au chocolat, accompagné de glace à la vanille et de fraises, et c’était absolument délicieux. La texture était parfaite, avec un extérieur légèrement craquant qui cédait sur un cœur ultra fondant et riche en chocolat, créant un contraste irrésistible en bouche. La douceur intense du chocolat était parfaitement équilibrée, ni trop sucrée, ni trop lourde, ce qui permettait de savourer chaque bouchée jusqu’à la dernière. C’est un dessert qui termine le repas sur une note très gourmande.